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La reine et les 9 princes [pv Vergil]

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Mihnea
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MessageSujet: La reine et les 9 princes [pv Vergil] Dim 23 Aoû - 22:38:45


Il était une fois une reine qui, à la mort de son époux le roi, décida de gouverner elle-même son royaume. Ses conseillers la menacèrent : si elle ne prenait pas époux pour qu'un mâle dirige le pays, elle serait chassée. On fit donc venir au chateau le prince d'un royaume voisin, malgré les protestations de la jeune reine. Refusant de céder son pouvoir et sa vertu au prince, la jeune femme poignarda le prince qui lui faisait la cour, et lui arracha le coeur. Elle enchanta le cadavre, et cacha le coeur dans le chateau.

Aussi, lorsqu'on vint arrêter la reine, le prince mort se releva et s'opposa aux conseillers et aux gardes. Né de l'élément ténèbres, il commanda aux ombres de tuer ses ennemis, et les ombres lui obéirent. Le lendemain, un second prince se présenta. C'était le frère du cadavre qui protégeait la reine, et il venait venger la mort de ce dernier. Il fut cependant pris de court quand son frère apparut, la poitrine ouverte sur un trou béant où le coeur n'était plus. Le défunt sans coeur ne connaissait ni la pitié ni l'amour, et il tua son frère sans hésiter. Un second coeur rejoignit l'une des cachettes du chateau, et la reine commandait à présent deux vassaux sans coeur. Le premier dirigeait les ténèbres, le second le feu.

Des héros de renom accoururent pour affronter la reine et ses vassaux. Certains parvinrent à terrasser un frère ou l'autre, parfois même les deux, mais chaque fois, les corps se relevaient et pourfendaient les ennemis de la reine.

- "Leurs coeurs sont miens, et tant qu'ils m'appartiendront, nul ne pourra les vaincre !", affirmait la reine à son peuple effrayé. "Courbez l'échine devant votre reine, ou envoyez des héros de sang royal pour trouver leur coeur, car nul autre ne pourra les approcher!"

Mensonge ou vérité, la déclaration fit son effet, et bientôt, d'autres princes voyagèrent jusqu'au royaume maudit pour détrôner la reine nécromancienne, comme elle l'avait espéré. Ses princes esclaves prirent la vie de chacun d'entre eux, et la reine collecta les coeur des six princes des éléments qu'elle désirait : eau, plante, mana, sang, lumière, électricité et air. Lorsqu'elle contrôla les 9 princes, son royaume entier se soumit à elle. Il n'y eut plus de héros pour oser l'affronter, et plus de villageois pour tenter de protester ou de fuir.

Les pouvoirs de la nécromancienne n'étaient cependant pas infaillibles, et au bout de 700 ans, les coeurs des princes pourrissaient, et leur magie faiblissait, en dépit du pouvoir que leur conférait un sang royal. C'est ainsi que tous les 700 ans, la veille du jour où s'estompait la magie des princes, la reine faisait venir au royaume 9 princes des 9 éléments, destinés à remplacer ses gardes moribonds pour 7 siècles...




Mihnea bailla, et referma un vieux livre qui projeta de la poussière. Frottant ses yeux fatigués, il se leva de sa chaise et s'en alla dans le labyrinthe d'étagères de la bibliothèque. Il s'arrêta au niveau de la section "les races Calyptiennes" et se dressa sur la pointe des pieds pour tenter de replacer "la sagesse des dragons" sur l'étagère. Après un effort d'acrobate, le petit garçon parvint à repousser le livre dans sa rangée. Il était plutôt grand, pour un garçon de neuf ans, mais la bibliothèque des Dracula comportait de nombreux livres, et n'avait pas été agencée pour les enfants.

Le petit prince saisit une bougie à la flamme violette, et s'enfonça dans les couloirs du chateau pour regagner sa chambre. La flamme magique éclairait puissamment; il pouvait voir au loin les longues rangées de tableaux décorer les murs du couloirs. Il passa devant le roi Dragos et ses fils, un portrait de son propre père et de sa mère, un autre de Dragos, avec le saint dragon cette fois, puis un portrait récent de sa famille. Il s'arrêta soudain, et se tourna vers le tableau, les sourcils froncés. Sa mère et son père souriaient, et son frère ainé tenait entre ses mains la couronne princière destinée au fils héritier. Rien de bien surprenant, à priori, et pourtant, le coeur du petit prince battait la chamade. Tout d'abord, il pensa que c'était une nouvelle farce de son frère. Mais non, aucun valet n'aurait accepté d'accrocher ce tableau au mur. Mihnea tourna la tête à droite, puis à gauche, à la recherche du plaisantin à l'origine de cette provocation. Il était seul.

Mihnea recula et aspira à pleins poumons, en proie à des bouffées de chaleur. Il passa la main sur ses yeux, et cligna des paupières, tentant de se reprendre. Mais son portrait était toujours absent du tableau sur lequel il apparaissait, quelques heures auparavant encore, auprès de son frère. Il avança alors à pas précipités, et chercha son portrait sur les autres tableaux pour lesquels il avait posé. Il ne figurait plus sur aucun d'entre eux. Il continuait sa poursuite effrénée dans les couloirs, lorsque sa bougie éclaira au loin une silhouette familière sur un tableau, qui fuyait de portrait en portrait. Sa silhouette. Il accéléra pour ne pas la perdre.

Le personnage de peinture cessa sa course dans un énorme tableau représentant le même couloir aux tableaux dans lequel se trouvait Mihnea. Le petit prince fit face à sa silhouette, qui lui fit signe de le suivre, tel un reflet rebelle. Sans l'attendre, la silhouette jumelle s'engouffra plus loin dans le couloir, et disparut du champ du cadre. Mihnea voulut rattraper la silhouette et posa la main sur le tableau. Mais au lieu de rencontrer la toile, sa main la traversa. Il émit un cri de surprise qui souffla la flamme de la bougie. Désormais, le couloir n'était plus éclairé que par la lueur lointaine de la bougie que portait sa silhouette. A mesure que son jumeau s'éloignait, les ténèbres engloutissaient le couloir. Il enjamba alors le cadre, et passa au travers de la toile.
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Amethyst
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MessageSujet: Re: La reine et les 9 princes [pv Vergil] Dim 23 Aoû - 23:45:26

Il était une fois une reine qui, à la mort de son époux le roi, décida de gouverner elle-même son royaume. Ses conseillers la menacèrent : si elle ne prenait pas époux pour qu'un mâle dirige le pays, elle serait chassée. On fit donc venir au château le prince d'un royaume voisin, malgré les protestations de la jeune reine. Refusant de céder son pouvoir et sa vertu au prince, la jeune femme poignarda le prince qui lui faisait la cour, et lui arracha le cœur. Elle enchanta le cadavre, et cacha le cœur dans le château.

Aussi, lorsqu'on vint arrêter la reine, le prince mort se releva et s'opposa aux conseillers et aux gardes. Né de l'élément ténèbres, il commanda aux ombres de tuer ses ennemis, et les ombres lui obéirent. Le lendemain, un second prince se présenta. C'était le frère du cadavre qui protégeait la reine, et il venait venger la mort de ce dernier. Il fut cependant pris de court quand son frère apparut, la poitrine ouverte sur un trou béant où le cœur n'était plus. Le défunt sans cœur ne connaissait ni la pitié ni l'amour, et il tua son frère sans hésiter. Un second cœur rejoignit l'une des cachettes du château, et la reine commandait à présent deux vassaux sans cœur. Le premier dirigeait les ténèbres, le second le feu.

Des héros de renom accoururent pour affronter la reine et ses vassaux. Certains parvinrent à terrasser un frère ou l'autre, parfois même les deux, mais chaque fois, les corps se relevaient et pourfendaient les ennemis de la reine.

- "Leurs cœurs sont miens, et tant qu'ils m'appartiendront, nul ne pourra les vaincre !", affirmait la reine à son peuple effrayé. "Courbez l'échine devant votre reine, ou envoyez des héros de sang royal pour trouver leur cœur, car nul autre ne pourra les approcher!"

Mensonge ou vérité, la déclaration fit son effet, et bientôt, d'autres princes voyagèrent jusqu'au royaume maudit pour détrôner la reine nécromancienne, comme elle l'avait espéré. Ses princes esclaves prirent la vie de chacun d'entre eux, et la reine collecta les cœur des six princes des éléments qu'elle désirait : eau, plante, mana, sang, lumière, électricité et air. Lorsqu'elle contrôla les 9 princes, son royaume entier se soumit à elle. Il n'y eut plus de héros pour oser l'affronter, et plus de villageois pour tenter de protester ou de fuir.

Les pouvoirs de la nécromancienne n'étaient cependant pas infaillibles, et au bout de 700 ans, les cœurs des princes pourrissaient, et leur magie faiblissait, en dépit du pouvoir que leur conférait un sang royal. C'est ainsi que tous les 700 ans, la veille du jour où s'estompait la magie des princes, la reine faisait venir au royaume 9 princes des 9 éléments, destinés à remplacer ses gardes moribonds pour 7 siècles...


Le livre fut refermé alors que deux paires d'yeux fixaient le conteur, un dragon d'argent au regard inexpressif. Ce dernier, à peine plus âgé que son auditoire fixait tour à tour ses deux amis, les princes de Dragoria. Ce que l'on pouvait clairement voir était que malgré leur apparence similaire, les jumeaux ne reflétaient pas la même expression. Si l’aîné semblait blasé, son petit frère était clairement terrorisé, serrant de ses petits points les habits de son semblable. Quelques secondes passèrent avant que Wyatt ne finisse par ouvrir la bouche.

- Tu es content de toi Zil ? Tu nous l'as traumatisé... Je savais que c'était une mauvaise idée...

- Désolé...

L'attitude du dénommé semblait toutefois en complète contradiction avec ses paroles, l'air totalement détaché, il fit quelques mouvements de poignets pour chasser les mauvaises ondes envoyées à son encontre.

- Je ne le referai plus...

Fit-il nonchalamment alors qu'il reposait le livre dans la bibliothèque du palais. Pendant que le plus âgé des deux blonds aidait l'autre à se relever. Depuis leur plus tendre enfance ça avait été comme ça : Wyatt qui protégeait Vergil du monde.

- Il serait peut-être temps d'aller se coucher maintenant.

Fit ce dernier alors qu'ils se rassemblaient tous au milieu de la bibliothèque. Acquiesçant, le trio se dirigea vers les chambres, prêts à regagner leurs lits. Mais au milieu du trajet, une faible tension sur les habits du dragon doré aîné l'obligea à s'arrêter. Relevant un sourcil, il porta son regard vers la source et remarqua son jeune frère, les yeux vissés au sol essayant de dire quelque chose. Mais peine perdue, ses murmures étaient tellement bas qu'il avait du mal à l'entendre. Quelque peu curieux face à l'attitude du craintif, il fini par le questionner.

- Qu'est-ce que tu veux Vergil ? Je ne comprends pas.

Ce dernier releva enfin la tête et, comme ragaillardi par la voix de son aîné, fit part de sa détresse.

- Il faut que j'aille aux toilettes... mais j'ai peur d'y aller tout seul...

Fit-il tout penaud. Habitué aux frasques de son frère, Wyatt inclina sa tête en direction de leur ami, l'invitant à les attendre das la chambre. Ce dernier s'exécuta derechef sans demander son reste. Peu bavard et encore mois expressif, il c'était toutefois montré un ami fidèle sur lequel on pouvait clairement compter. Les menant dans des situations toutes plus dangereuses les unes que les autres mais remuant toujours ciel et terre pour les y en sortir.

Attrapant une torche de feu spirituel, le duo se dirigea vers les toilettes où le petit Vergil put se soulager. Que d'émotions pour ce soir pensa-t-il alors que sa vision n'était assurée que par les flammes vertes vacillantes de la torche magique. Tout d'un coup, le noir complet s'abattit sur eux alors que son frère s'excusait au travers de la porte qui les séparait, ils étaient après tout dans une pièce publique afin de laisser un minimum d'intimité au blondinet tout en lui assurant la présence de son frère. Lui promettant de revenir le plus vite possible avec une nouvelle torche, il le laissa seul l'espace de quelques minutes. Minutes durant lesquelles Vergil cru son cœur exploser sous la tension qui s'accumulait au sein de son petit corps.

Finalement, il décida de sortir de lui-même devant la lenteur de son frère. Dépassant une petite tête timide de l’embrasure de la porte, il ne rencontra que les ténèbres. Avançant tant bien que mal dans le noir, il fini tout de même par chuter sur le marbre de la pièce. Son menton rencontra le froid de la pierre et un petit gémissement plaintif s'échappa d'entre ses lèvres.

Il rouvrit alors les yeux et put constater que la porte principale était entrouverte, une silhouette connue s'en dessinant mais dont le visage était caché par la nuit. Son frère C'était son grand frère qui revenait le chercher comme ce dernier le lui avait promis ! Se relevant rapidement et son visage éclairé d'un faible sourire, il s'élança dans sa direction mais l'ombre s'enfuit à toute jambe dans les couloirs obscurs. Ne comprenant pas le comportement joueur, il la suivi néanmoins dans le dédale de couloirs jusqu'à ce que cette dernière ne le mène vers un tableau représentant un château. Ni une, ni deux le voilà qui grimpait dedans sous le regard ébahi de notre petit héros.

Un pas hésitant puis deux, le voilà qui s'approchait de la peinture et y déposa une main tremblante. Là où il y aurait dût avoir une toile, il ne rencontra que le vide et il y passa à travers, comme par magie. Tentant de se rattraper, il ne put que tomber dans le vide et l'inconnu, fermant hermétiquement ses yeux alors qu'il se mit à hurler à pleins poumons.

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Mihnea
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MessageSujet: Re: La reine et les 9 princes [pv Vergil] Lun 24 Aoû - 0:48:07

Mihnea ne voyait plus grand chose, courant à l'aveuglette derrière la lueur violette. Au détour d'un couloir, il la vit arrêtée et put la rejoindre. Au bout, il n'y avait personne. Ce n'était que la flamme d'un candélabre fixé au mur. L'enfant regarda derrière lui. Il ne reconnaissait rien du chateau. S'il retournait sur ses pas, les tableaux lui renverraient-ils son image ? Il voulait rentrer chez lui - ici, ce n'était pas chez lui. Mais il craignait de rencontrer encore le vide à la place qu'il devait occuper sur les portraits. Ou pire, de ne rencontrer aucun passage pour regagner le couloir aux tableaux. C'était bête - toute cette histoire, c'était probablement une farce. Vlad avait trouvé un moyen d'enchanter ses portraits, et de le mener jusqu'ici.

L'enfant se dressa sur la pointe des pieds et attrapa la bougie à la flamme violette. Il marcha droit devant lui, son coeur battant pour seule réponse à l'échos de ses pas. Plus rien ne lui était familier. Ni les murs, ni les tableaux, ni... rien. Il découvrit une porte à l’extrémité d'un couloir, et hésita. Ce pouvait être le quartier des valets, qu'il ne devait pas déranger inutilement la nuit. Ou bien le quartier des hôtes. Il ne se souvenait pas que ses parents aient reçu qui que ce soit aujourd'hui, mais s'il se trompait et réveillait un invité important...

Des frappements à la porte le firent sursauter. C'était le bruit de petits poings qui cognaient contre le bois massif. Inquiet, Mihnea se pétrifia sur place, n'osant bouger. Pourquoi est-ce que quiconque frapperait depuis l'intérieur d'une pièce ? Les coups retentirent de nouveau. Mihnea se passa la langue sur les lèvres. Puis, il osa :

- Il y a quelqu'un ?

L'enfant se sentit bête. Si l'on frappait à la porte, c'était forcément que quelqu'un derrière était là. Les coups reprirent, discrets, légers. Mihnea approcha, posa la main sur la poignée, et ouvrit doucement la porte, qui grinça horriblement. Il entra dans la pièce. Il était dans une chambre d'enfant déserte. Un lit, un bureau, une armoire, une étagère et des coffres de jouets paraient la salle, richement décorée mais sale et délabrée. Mihnea sentit son coeur s'arrêter. Qui avait frappé ? Un mouvement fugace lui fit lever les yeux. Dans un grand miroir, son reflet lui adressait un sourire serein. Il venait de toquer à la vitre pour attirer l'attention de son jumeau. Mais il s'en détourna au bout d'un moment, et se dirigea vers le tableau qu'il avait emprunté pour guider Mihnea jusqu'ici. Il y disparut, et le miroir ne refléta plus rien qu'un couloir désert. Mihnea se jeta sur le miroir et tenta d'y passer la main. Mais la vitre résista, bien matérielle. De dépit, l'enfant frappa le miroir. Presque aussitôt, il poussa un cri de douleur. Le miroir s'était fissuré, et au même instant, une lame invisible avait saigné sa joue en plusieurs traits semblables aux fissures du miroir.

POUM... POUM... POUM...

Des pas se rapprochaient. Des pas bruyants, trop lourds pour appartenir à un humain. Mihnea se figea, retenant sa respiration. Les bruits venaient dans sa direction. Il fit un tour sur lui même et courut finalement se cacher sous le lit. Il souffla la bougie, et quelques secondes après, la porte grinçait de nouveau. L'enfant serra les dents et ne bougea pas. Il avait l'impression que les battements affolés de son coeur résonnaient dans toute la pièce. Plongé dans le noir, il ne pouvait rien voir de l'intrus. Mais il entendait ses déplacements, et devinait une masse imposante et lente. Il crut entendre aussi de légers grognements rauques. L'intrus se déplaça dans la pièce un instant, ne semblant pas dérangé par les ténèbres. Puis, il partit. Doucement, silencieusement, Mihnea se faufila hors de sous le lit, et tatonna au hasard pour trouver les murs et se guider pour sortir de la pièce. Sa main rencontra une étagère. Il avait mémorisé la pièce et savait à peu près où se diriger. Il avança en faisant glisser sa main sur le rebord de l'étagère.

Quand sa main percuta un objet, Mihnea n'eut que le temps de retenir sa respiration. L'objet frappa le sol et roula, et le bruit d'un mécanisme enclenché se fit entendre. Un déclic, et un rire tonitruant et grotesque s'échappa. Un bouffon en boite. Au loin, les bruits de pas s'étaient arrêtés, avant de se précipiter de nouveau vers la chambre.

POUM... POUM-POUM-POUM-POUM !!!

Mihnea fila hors de la pièce et se dirigea à l'aveuglette dans les couloirs, paniqué. Il courait en tâtonnant les murs, suivi au loin par les bruits de pas lourds de la créature.
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Amethyst
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MessageSujet: Re: La reine et les 9 princes [pv Vergil] Lun 24 Aoû - 2:06:26

Se sentant tomber toujours plus bas, le petit blond ne put que garder les yeux clos tout en hurlant sa terreur. Il n'arrivait même pas à se concentrer pour reprendre sa forme originelle, la peur gelait ses mouvements et il assistait, impuissant, à sa lente descente aux enfers. Car oui sa chute n'avait plus rien de folle et il se sentait plus traîné par une force invisible que chuté de tout son poids. Il senti alors le sol sous ses frêles jambes.

Il fut entouré par le noir et le silence dans un premier temps, n'ayant pas décidé d'ouvrir les yeux. Quand on ne voit pas un monstre, on en a moins peur. On peut l'imaginer avec des habits ridicules, des froufrous roses et de la dentelle ! C'était une astuce que son grand frère lui avait enseigné lorsque tard dans la nuit il le réveillait après un cauchemar ou lorsqu'il état persuadé d’avoir vu un truc terrifiant sous leur lit. Puis une petite musique tinta à ses oreilles. Douce mélodie qui réchauffait son cœur terrifié.

Il se décida enfin à ouvrir les yeux alors que la mélodie s'intensifiait. Une jolie musique, ça ne pouvait pas faire du mal après tout. C'était tout doux. Cotonneux à souhait. Ça apaisait les âmes en peine. Maman lui chantait des berceuses pour l'endormir le soir après tout. Affichant un faible sourire, il se releva et épousseta son long short crème resserré au niveau de ses genoux et commença à s'avancer vers la source de la mélodie.

Peut-être que son grand l'y attendait. A bien y penser, il ne l'avait pas revu depuis qu'il avait traversé l'immense tableau... Attrapant la torche verte qui gisait au sol, il avança dans les couloirs obscurs. La flamme vacillante faisaient danser les ombres autour de lui, donnant l'impression qu'elles se mouvaient d'elles-même. Cela rajoutait grandement à l'atmosphère oppressante autour de lui. Il fallait trouver cette musique et vite avant qu'il ne perde la tête.

La source de ses espoirs commença à ralentir alors qu'il marchait depuis plusieurs bonnes minutes. Non ! Ne t'arrête pas petite musique ! J'ai tant besoin de toi ! Pensa-t-il alors que la peur d'être de nouveau seul avec ses terreurs l'assailli. Son petit cœur martelait sa poitrine alors qu'il se mettait à courir.

- Je t'en supplie ! Je t'en supplie !! Je t'en supplie !!!

Répéta-t-il, apeuré. C'est quand les notes commencèrent à s'espacer qu'il put clairement les entendre. Ces murmures glauques qui lui susurraient à l'oreille des promesses de tortures toutes plus sadiques les unes que les autres. Des larmes pointèrent sous ses grands yeux effrayés. Non ! Cette fois il courait comme un dératé, bousculant tout sur son passage. Faisant tomber ce qui entravait son avancé. Derrière lui, toujours ces mêmes voix mais aussi des bruits de casse. Un vase. Une table. Ca se disloquait et ça se brisait derrière lui . Ne pas regarder derrière. Surtout ne jamais faire demi-tour ou les monstres t'attraperons et te dévoreront.

La musique menaçait de s'arrêter à tout moment. Vite ! Vite ! Petit dragon ! Dépêche toi avant que les murmures ne te rattrape. Les notes lentes étaient toutefois plus forte. Plus distinctes. C'était derrière cette porte ! Il en était sur ! Au fond de lui il le savait.

Cette porte en bois fut ouverte à la volée, utilisant la force de sa lancé comme d'un allié. Puis il referma cette dernière et poussa tant bien que mal le sofa qui siégeait fièrement non loin d'elle. S'ils voulaient passer, les monstres n'avaient qu'à utiliser toute leur force !

La respiration erratique, il examina de ses grands yeux innocents la salle faiblement éclairée par les lueurs de la lune qui filtraient péniblement à travers les lourd rideaux vieillis. De nombreux meubles en mauvais état et recouverts de poussières y traînaient, comme s'ils avaient été abandonnés de tous. Une imposante cheminée se dessinait sur l'un des murs de la pièce. Utilisant sa torche, il alimenta un nouveau foyer pour qu'il puisse mieux examiner les lieux. Avec cette nouvelle source de lumière, et quelque peu calmé de sa frayeur passée, il s’aperçut de la petite table ronde non loin de l'une des fenêtre et d'un gros fauteuil recouvert d'un tissu poussiéreux. Il s'y avança et c'est là qu'il la vit. La magnifique petite boite à musique qui l'avait sauvé jadis des vilaines voix.

Petit coffret recouvert de dorures, il s'était arrêté peu de temps après que Vergil n'eut condamné l'entré par laquelle il était passé. Son souffle se tut, trop obnubilé par l'objet de bois et d'or pour penser à respirer correctement. L'ouvrant délicatement, il put y découvrir le mécanisme musical à l'intérieur. Ses minces doigts tremblants tournèrent alors la clé trois fois et la mélodie reprit de plus bel.

Oh comme il aimerait que son grand frère soit là pour l'écouter avec lui. Serré l'un contre l'autre comme ils avaient l'habitude de le faire. Tendrement. Sincèrement. Rien qu'eux, loin de ce monde qui l'effrayait. Il ne se sentirait uniquement en sécurité que lorsqu'il aurait retrouvé son jumeau. Mais il craignait que s'il bougeait, les vilaines voix ne recommencent à le poursuivre pour le dévorer. Il resta assit pendant un certain temps. Immobile à écouter la mélodie jusqu'à ce que cette dernière ne se tarisse une fois de plus, c'est alors qu'il les entendit de nouveau. Ses persécutrices.

Mais cette fois leurs murmures c'étaient changé en cris. On l'insultait. On le maudissait. Oui il était faible et pitoyable. Il plaqua alors ses deux mains sur ses longues oreilles elfiques, les yeux écarquillés par la peur.

- Taisez-vous ! Fermez-là ! Je ne veux plus vous entendre !

Hurla-t-il à ne perdre haleine. Tout, il donnerait vraiment tout pour qu'elles se taisent. La musique ! Elle les avait calmé une fois, elle pourrait recommencer ! Tant pis si elle le rendait triste. De toute façon, il souffrirait autant que maintenant avec ces voix qui lui disaient de vilaines choses.

Misérable. Trouillard. Tu n'es qu'une gêne pour ton frère. Il aurait dut naître seul. Sans toi pour l’empêcher de vivre. Avançant sans vraiment s'en rendre compte, il se laissa choir par terre avec la boite entre ses mains tremblantes. Et si elles avaient raisons ? Peut-être que si il les laissait l'attraper alors Wyatt serait enfin heureux. La porte bougeait dangereusement. On la malmenait pour l'ouvrir de force. Il n'avait qu'à attendre. Ça serait simple.

- Comme ça grand frère serait libre...de... moi ?

Murmura-t-il défait. Mais la tristesse qui l'accablait s'effaça rapidement. Même si Wyatt jouait souvent les frères protecteurs, il lui avait avoué un jour que sans lui il serait complètement perdu. Ils ne pouvaient vivre l'un sans l'autre. Se soutenant mutuellement. Se relevant pour sauter toujours plus haut, oui mais ensemble. Main dans la main. Ils se l'étaient promis...

- Vous mentez ! Je vous jure que quand j'aurais retrouvé grand frère, on vous le fera payer !

Clic. Clac.

- On vous fera porter des vêtements ridicules ! On vous brûlera les cheveux avec nos flammes !

Clic. Clac.

- On vous lancera des pierres et on rigolera pendant que vous pleurerez ! Vilaines ! Je vous déteste !

Clic. Clac. Faisait la petite clé alors qu'il la tournait une fois encore entre ses doigts tremblants de rage et de terreur. La mélodie reprit alors tranquillement et le vacarme s'arrêta net. Le seul bruit que l'on entendait étaient les reniflements du petit dragon. Cette fois il ne retenait pas ses larmes de couler. De toute façon, il n'y avait personne pour le traiter de petite fille, de pleurnicheur. Seul. Il était tout seul avec sa peine.

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Mihnea
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MessageSujet: Re: La reine et les 9 princes [pv Vergil] Lun 24 Aoû - 10:49:45


Au loin, des candélabres ! Des candélabres à foison qui éclairaient tout un couloir ! L'énergie du désespoir permit au garçon d'accélérer encore sa course. Il ne tiendrait pas longtemps ce rythme, mais instinctivement, il sentait que d'une façon ou d'une autre, la lumière le protégerait de la créature sur ses talons. Il atteignit le couloir, et les pas derrière lui ne ralentirent pas. Sans cesser de courir, il osa un regard par dessus son épaule. Il le regretta aussitôt. Une énorme silhouette de peau rachitique le poursuivait. Dotée de trois têtes aux machoires incrustées dans la continuité du cou, elle avait des langues aussi longues que celle d'un serpent, et des mains énormes qui se balançaient au bas de bras pendants et pleins de croutes. Mais ce qui bouleversa le petit garçon, c'était les formes mouvantes dans son estomacs. Les silhouettes de bébés se dessinaient et tendaient la peau du ventre du monstre. Mihnea avait cru discerner un garçon de son âge parmi les têtes d'enfants.

Il avait une bonne longueur d'avance sur le monstre, mais manquait de souffle. Il s'arrêta à l'extrémité d'un couloir qui menaient à deux chemins différents. Il fila, haletant, sur la première porte à sa gauche. Fermée. Il bondit sur la seconde, malmenant la poignée. Fermée. La troisième porte : fermée également. L'ombre du monstre se dessinaient au détour du couloir. Mihnea émit un jappement désespéré. Il fondit sur la quatrième porte. Bloquée. Il était coincé. Le monstre approchait dans le couloir. Il n'y avait plus aucune issue. Alors, il entendit une voix couiner derrière la porte. "Vilaine, je vous déteste." Il tenta une seconde fois de forcer la porte. En vain.

- OUVRE !!! OUVRE OUVRE OUVRE !!! VITE !! JE T'EN PRIE, OUVRE-MOI !!!

Hurla Mihnea en cognant la porte de ses petits poings, tout en lançant des regards paniqués vers le monstre qui approchait.

POUM-POUM-POUM-POUM.
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Amethyst
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MessageSujet: Re: La reine et les 9 princes [pv Vergil] Lun 24 Aoû - 11:31:40

Tenant la petite boite à musique comme si ça vie en dépendait, il concentra toute son attention dessus alors que les larmes coulaient librement sur ses joues rougies. Puis, contre toute attente, on martela de nouveau à la porte. Comment était-ce possible ? La ritournelle continuait pourtant sereinement... Les vilaines voix devaient le laisser tranquille. Elles n'avaient pas le droit ! C'était pas juste ! La colère et la frustration gagnèrent son petit cœur.

Mais un détail le chiffonna : cette fois la voix était seule et il n'y avait pas ce ton moqueur que les autres utilisaient. Non. Il y avait de la frayeur. Un enfant tout aussi terrorisé que lui tambourinait à la porte et lui n'avait pas la petite boite à musique pour le sauver !

D'un bond, le petit prince se releva et commença à pousser l'énorme divan qui faisait office de protection et déverrouilla la porte. C'est là qu'il le vit. Un enfant humain. Apeuré. Vite. Il le tira par le bras pour l'amener contre lui. C'est là qu'il la vit. Immense. Informe. Un hockey de terreur s'échappa d'entre ses lèvres. De toutes ses forces, il referma alors la porte et coinça le meuble avant d'aller se blottir contre la fenêtre à l'opposé, dans son élan il n'avait pas remarqué que sa petite main tenait serrée celle de l'autre enfant.

Vergil tremblait de la tête aux pieds. S'accrochant et se resserrant le plus possible contre le corps de l'autre enfant. Complètement tétanisé par la peur, il ne pouvait même plus bouger. Plus penser. Sa respiration se fit trop rapide. Il avait des bouffés de chaleur. Qu'est-ce que c'était que cette... cette... CHOSE ? Était-elle à l'origine des vilaines voix ? Malgré l'atmosphère pesante, la petite mélodie continuait de carillonner en face d'eux, bien posée sagement sur le divan.

Zut ! Il avait dut la laisser tomber dans sa précipitation et il paniquait déjà à l'idée que la musique ne s'arrête encore. Son cœur ne le supporterait pas. Tremblant, il tenta de communiquer avec l'autre enfant. L'une de ses mains tremblantes pointa alors la boite.

- La... Mu... La... Mu... La mumu... La musique... Elle... doit... pas s'a... rrêter !

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Mihnea
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MessageSujet: Re: La reine et les 9 princes [pv Vergil] Lun 24 Aoû - 13:19:01

Mihnea se jeta dans la pièce, tiré en même temps par un enfant de son âge à l'air plus apeuré que lui. La main emprisonnée dans celle du garçon, il fit volte face pour pousser avec lui le meuble contre la porte. Trois voix rauques rugirent de concert derrière la porte. Essoufflé, Mihnea se laissa guider par l'enfant jusqu'à la fenêtre en bout de chambre. Il n'était pas sauvé et craignait que la créature ne parvienne à défoncer la porte malgré leur barrage improvisé. Mais il était incapable du moindre effort supplémentaire. Il regarda, impuissant, la porte s'agiter sous les coups furieux de la bête. Il ne faudrait sûrement pas longtemps avant qu'elle ne cède.

- Qu... Quoi ?

Mihnea tourna la tête vers son camarade. C'était un jeune elfe, apparemment issu du même milieu aisé que lui. Ses vêtements étaient dignes d'un prince. Le garçon désigna une boite à musique au sol, près du divan.

- Est-ce que sa musique est... magique ? Elle nous protégera ?

Essaya de comprendre le prince au travers des jérémiades de son comparse. Soudain, un coup de poing fit éclater un pan de la porte. Trois paires d'yeux approchèrent du trou pour découvrir les deux garçons. Il y eut un instant de silence pesant pendant lequel Mihnea et la créature s'observèrent. Puis, le monstre assaillit la porte de plus belle. Mihnea se débattit pour échapper à l'étreinte de l'elfe, bondit sur ses pieds et s'élança sur la boite à musique, tandis que le monstre creusait un trou dans la porte en hurlant. Lorsqu'il mit la main sur la boite, des débris de porte explosèrent. Il se protégea le visage derrière le bras, et se redressa. De quelques tours rapides, il enclencha le mécanisme de la boite, qui se mit à chanter une mélodie. Le monstre s'arrêta aussitôt, ses trois têtes penchées du même côté, haletant et fixant la boite, comme captivées. Mihnea tourna la tête et sourit à l'elfe. L'instant d'après, le monstre poussait un hurlement de rage et s'attaquait au divan. Mihnea laissa tomber la boite à musique et courut ouvrir la fenêtre. Dehors, tout était plongé dans le noir.

- OUBLIE CETTE MAUDITE BOITE ET SUIS-MOI !!

Gronda-t-il à l'enfant paniqué. Et il s'engouffra dans les ténèbres.
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Amethyst
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MessageSujet: Re: La reine et les 9 princes [pv Vergil] Lun 24 Aoû - 14:31:51

Face à la question du petit humain le dragonneau acquiesça difficilement. Cette mélodie l'avait sauvé, elle pourrait le refaire. Un faible sourire tremblotant se dessina sur ses lèvres tirées mais disparu aussitôt que le bois de la porte vola en éclat, laissant apparaître par le trou trois immondes yeux qu'il aurait préféré ne pas revoir. Il resserra son étreinte contre le brun pendant que la créature tambourinait pour faire céder la porte mais l'asticot parvint à s'en soustraire et à foncer vers la boite à musique.

Ne bougeant pas. Totalement paralysé et retenant son souffle, il assista à l'acte de courage dont faisait preuve le bipède pour tenter de s’en sortir. Se jetant près du monstre, ce dernier récupérait leur dernier rempart contre la folie. La porte vola un peu plus en éclat et la voilà qui gémissait de nouveau de terreur alors que la créature hurlait. Puis le courageux garçonnet réenclencha la clé mécanique et l'air s'éleva à nouveau dans les airs. Cela sembla calmer la créature qui pencha ses trois têtes sur le coté. Mais le jeune dragon ne reprit pas sa respiration pour autant, son instinct animal le mettait en garde. Le calme avant la tempête comme disent les grandes personnes.

Bingo ! Voilà que la créature ré-attaqua la porte avec plus d'acharnement que la fois précédente. L'horreur transperça de nouveau de cœur de Vergil. Pourquoi ? Ça avait pourtant marché avant ! Trop ahuri face à la situation qu'il ne comprenait pas, il se blottit contre la fenêtre en face de l'horreur gargantuesque qui avançait vers eux.

- Grand frère...

Geignit-il. Misérable et pitoyable petite créature sans défense. Il examina le brun ouvrit et s'engouffrer par la fenêtre le sommant de le suivre. C'était ça ou mourir. Poussé par l'énergie du désespoir, il suivi l'humain vers la sortie. Dedans il pouvait entendre les hurlements de rage du tricéphale qui n'avait pas réussi à les attraper. Courant aussi vite que ses jambes le lui permettaient il suivait son seul salut. Quel idiot de ne pas avoir gardé sa torche avec lui, ils étaient dans la pénombre et il leur était difficile de distinguer convenablement ce qui les entourait.

Mais pour le moment ils étaient loin du gros tas, c'était tout ce qui comptait. Les oreilles abaissées et les larmes menaçant de couler il s'avança lentement vers son sauveur.

- Désolé... La boite avait marché avant... Je ne comprends pas...

Menaçant de pleurer, tel un enfant pris sur le fait d'une bêtise, il s'excusait pitoyablement. Si l'autre le tapait, il ne bronchait pas. Après tout, il avait l'habitude qu'on le gronde. Il faisait toujours tout de travers comme le disaient les grandes personnes. Il n'était qu'un vilain garçon qui ne faisait que des bêtises et tous se lamentait sur le fait qu'il n'était pas comme son grand frère.

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Mihnea
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MessageSujet: Re: La reine et les 9 princes [pv Vergil] Lun 24 Aoû - 15:46:43

Mihnea plaqua une main sur la bouche de l'elfe et le menaça du regard. Lentement, il leva un doigt qu'il appuya sur les lèvres pour faire signe à son camarade de ne plus faire de bruit. A l'intérieur, les rugissements de la créature ne permettaient pas de deviner s'il avait l'intention de les pister. Il semblait se contenter de détruire avec rage tout ce qui portait leur odeur. Mais ils étaient dans le noir, et Mihnea soupçonnait que la créature n'était pas le seul ennemi à roder dans les parages. Il chuchota en enlevant doucement sa main de la bouche de l'elfe :

- Je m'en fiche de ta boite. Tu m'as aidé et je t'aiderai. Alors cesse de geindre, on n'est plus poursuivis.

Pour l'instant. Mais le prince ne jugea pas utile de le préciser. L'elfe paraissait facilement impressionnable, mieux valait ne pas l'intimider davantage. Prudemment, il se mit en marche en direction de la forêt qui encerclait le chateau. Il n'avait pas la moindre idée de l'endroit où il se trouvait. Il était sûr de n'avoir jamais visité le chateau auparavant, et l'air ne sentait même pas la brise marine de Kalon. Toujours à voix basse, il entama la discussion pour tenter de rassurer l'elfe :

- Je ne te dirai pas mon nom car je ne souhaite pas le prononcer sur des terres emplies de magie noire, mais tu peux m'appeler Dragos. Je suis le second prince d'une famille du Redor. J'étais dans les couloirs de mon chateau quand... Un portrait s'est mis à bouger et à m'inciter à le suivre. Je suis apparu ici il y a quelques minutes, et j'ai été presque aussitôt pris en chasse par cette créature. Je ne connais pas cet endroit, j'ignore pourquoi je suis ici. En sais-tu plus long que moi ? Es-tu prince, toi aussi ? Comment veux-tu que je t'appelle ? Parle à voix basse, on ne sait pas ce qui nous entoure.

Ils avaient pu être enlevés pour leur rang, en vue d'une rançon. Si c'était le cas, leur hôte avait une drôle de manière de prendre soin de ses otages. Non, ce n'était pas ça... Peut-être une vengeance à l'encontre de familles royales s'étant liguées contre leur hôte ? Mihnea écouta attentivement la réponse de son allié. Il s'apprêta à répondre, quand ils s'engouffrèrent sous un manteau de branches tordues qui avaient l'air de bras noueux tendus pour les attraper. Il se dirigea un peu plus au centre du chemin pour éviter de trop les approcher, et demanda :

- As-tu des pouvoirs pour éclairer légèrement notre chemin ? Je ne vois rien. Ou peut-être veux-tu me guider ? Ce serait sûrement plus discret.

Il ne voyait plus rien au devant, mais son camarade était un elfe, et donc nyctalope. Il posa la main sur l'épaule de son acolyte pour lui permettre d'orienter ses pas.
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Amethyst
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MessageSujet: Re: La reine et les 9 princes [pv Vergil] Lun 24 Aoû - 16:44:47

Lorsque la main de l'humain se plaqua contre sa bouche, son petit cœur s'affola et il ouvrit de grands yeux emplis de peur. Mais la douleur ne vint jamais, à la place l'autre garçon lui imposa le silence en portant son index à ses doigts. Comme lorsque grand frère lui demandait de se taire lorsqu'ils étaient pourchassés par les gardes royaux.

Reniflant à plusieurs reprises, une larme coula alors que l'humeur du faux petit elfe semblait s'apaiser. Il ne lui en voulait pas pour avoir failli le faire tuer pour une boite qui ne leur avait servi à rien. Sa bouche désormais libre, il put répondre aux questions du garçon brun. Ne pas donner son nom, c'était quelque chose qu'on lui avait apprit depuis sa plus tendre enfance. Les dragons étant sensibles à la magie, donner son nom signifiait se livrer en esclave à un maître.

- Les grands me disent de me faire appeler Vergil par les inconnus... Papa dit que si je dis mon vrai nom alors les vilaines personnes me feront du mal. Je suis arrivé ici en suivant mon grand frère...

A cet instant, ses pupilles reptiliennes se strièrent sous l'espoir soudain. Peut-être que...

- Peut-être que tu l'as vu ! Il me ressemble beaucoup car on est jumeaux ! Sauf que lui est plus courageux ! Et ouip, on est tous les deux des princes lui et moi sauf que lui il va devenir le Roi !

Fit-il un peu trop enthousiasme. Si au début il chuchotait, à l'énonciation de Wyatt, le voilà que son sourire était réapparu et que la discrétion devint son défaut. Se rendant compte de sa boulette, il afficha une petite bouille désolée.

- Oups... Pardon Dragos...

Fit-il penaud. Mais bien sur la réalité le rattrapa. L'autre n'avait pas vu son jumeau. Il fallait le trouver et vite, comme ça il trouverait une solution à leur problème. Ils s’engouffrèrent alors dans une sombre forêt où les branches semblaient vouloir les attraper. Le petit dragon passa ses bras autour de l'un de ceux du prince humain et se colla à lui, comme il le faisait avec son frère pour se redonner du courage. Il pensait trahir son frère en faisant ce geste intime sur quelqu'un d'autre que Wyatt mais là il avait vraiment besoin de réconfort. Il s'excuserait plus tard...

Puis l'humain se dégagea une fois de plus de sa prise et posa une main sur son épaule. Levant un sourcil interrogateur, il regarda celui qui venait dépasser derrière lui pour être guidé. C'était quelque peu étrange qu'une telle requête lui soit demandée alors que lui-même ne voyait pas plus loin.

- Je peux créer une petite boule de lumière pour éclairer notre chemin mais je peux pas te guider sans. J'vois pas dans le noir...

ajoutant le geste à la parole, il fit apparaître d'entre ses paumes une petite boule lumineuse très faible. Cette dernière resta à léviter entre les mains du petit dragon, laissant transparaître sa faible lueur autour d'eux. Avec un timide sourire, il fixa le garçonnet en face de lui. Fier de lui, pour une fois il allait être utile.

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Mihnea
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MessageSujet: Re: La reine et les 9 princes [pv Vergil] Lun 24 Aoû - 21:58:32

Mihnea foudroya l'elfe du regard, agacé que celui-ci défie ses consignes après quelques secondes de discussion seulement. Vergil était un drôle de phénomène. Son histoire l'intriguait. Mihnea n'en savait pas beaucoup sur les elfes, mais il savait que les jumeaux étaient choses rares, au sein de cette race. La famille des Dracula avait quelques alliés du peuple elfique dans le Centre Est. Sa théorie de vengeance tenait...

Vergil se cramponna à son bras, et le jeune Mihnea avança, résigné, avec sa sangsue d'allié, jusqu'à ce qu'il ne pose le bras sur son épaule pour l'inciter à le guider. Il le lacha cependant quand l'enfant prétendit ne rien voir dans le noir. Impossible, les elfes voyaient forcément dans le noir. Il l'avait lu dans tout un tas de livres ! Quel intérêt avait Vergil de lui mentir ? Faisait-il partie du complot de son enlèvement ?! Les yeux de l'enfant s'étrécirent en de minces pupilles pleines de suspicion.

- Qu'est-ce que tu veux dire ? Tous les elfes sont nyctalopes !

Ooooh Draaaa-goooos !

Mihnea se figea, les sens en alerte. Il avait cru entendre une voix de femme l'appeler et glousser. Un vent violent soufflait dans les arbres, ses cris avaient peut-être joué dans l'imagination du garçon... Mais son instinct le mettait sur ses gardes.

- Tu as ent... ?

Derrière toi !

Il se retourna soudain, prêt à se défendre ou à courir. Quelque chose avait bougé derrière eux. Pressentant que son allié ne le suivrait pas de lui-même, il prit la main de Vergil et fit quelques pas en avant pour obliger la sphère de lumière à éclairer l'orée de la forêt. Ses yeux s'écarquillèrent de surprise devant le chemin barré par les arbres. L'entrée de la forêt n'était plus. A la place, des arbres fermait le chemin, leurs branches écartées comme de longs bras ouverts pour les accueillir. Certains troncs avaient des rides et des plis dans l'écorce qui donnaient l'impression que des visages se moquaient d'eux. L'un d'entre eux avait même une branche qui les pointait du doigt.

Viens jouer avec moi !

Les poings tremblants de fureur, Mihnea avait lâché la main de Vergil. Il desserra les machoires pour aboyer :

- Tu ne connais pas mon vrai nom, tu n'es rien de plus qu'un effet de magie noire ! Et je n'ai pas peur de la magie !! Ma famille te fera torturer pour ton audace, et tu apprendras qu'il est bien pire en ce monde que de jouer à cache cache dans les bois !!

Un frisson parcourut les arbres, le vent se souleva, et un éclat de rire retentit dans toute la forêt. Petit à petit, les arbres eux-mêmes se joignirent au fou rire.

Et chat, tu aimes jouer à chat ? Chat, c'est moi qui y suis !

Avec des cris proches du hurlements du vents, les arbres se mirent alors à glisser sur leurs racines. Ceux auxquels Mihnea faisait face se mirent alors à courir en tendant de longues branches crochues vers les deux garçons. Attrapant la main de son comparse, Mihnea détala dans la direction opposée. Sur les côtés, les arbres griffaient et tentaient de la attraper, mais ne couraient pas. Leurs branches s'allongeaient. Dans sa course, le garçon voyait leurs sourires s'allonger, éclairés par la petite lumière de Vergil. Ceux qui ne hurlaient pas de ravissement gloussaient en petits ricanements aigus. L'enfant risqua un regard en arrière. Les arbres se rapprochaient. Ils battaient frénétiquement des branches, ravis comme des gamins excités. La scène aurait pu être comique, si Mihnea n'avait pas deviné le destin funeste qui les attendait s'ils se laissaient rattraper. Les trous béants qui creusaient une bouche dans chacun des arbres étaient assez grands pour engloutir des enfants de leur taille.
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Amethyst
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MessageSujet: Re: La reine et les 9 princes [pv Vergil] Lun 24 Aoû - 22:54:40

- Mais je n'ai jamais dit que...

Sa phrase fut coupée par la question abrogée du petit humain. Son allié devenait de plus en plus nerveux et il n'aimait pas ça. Et s'il le détestait ? Et s'il l'abandonnait au milieu de cette vilaine forêt. Menaçant de pleurer une nouvelle fois, il se colla au dos du brun.

Mais il compris bine vite le sens de sa question, ses oreilles ne le trahissaient que rarement. On parlait à Dragos. Bien. Tant mieux si les vilaines bêtes l'ignoraient. Mais il fallait tout de même aider le garçon. Se laissant traîner là où l'autre le voulait, il ne laissa aucune résistance transparaître dans ses mouvements, se contentant d'être la bonne petite marionnette.

Il avait de nouveau peur. Ses jambes tremblaient sous son poids et menaçaient de le lâcher. Jamais on ne leur laisserait le temps de se reposer... le brun lui lâcha alors la main et laissa exploser sa rage, ce qui eu pour effet de faire rire les arbres autour d'eux. Posant une main compatissante sur l'épaule de son allié il tenta de le calmer.

Mais aucune parole ne pouvait être assez bonnes, il n'avait pas l'éloquence de son frère. N'étant que le petit frère inutile qui gêne tout le monde. Mais il n'eut pas plus le temps de se lamenter, car voilà que les arbres devant eux s'avançant dangereusement alors que ceux sur les cotés tentaient de les attraper. Sans en attendre l'ordre il se mit lui aussi à foncer comme un dératé. Ses attributs draconiques lui permirent de se mouvoir avec une rapidité insoupçonné chez le petit elfe. Main dans la main, ils avançaient rapidement jusqu'à ce que le rires n’écœure le dragonnet.

Se stoppant net, il lâcha la main de Dragos. Toujours l'inutile hein ? Celui qui fait marrer tout le monde hein ? L'humain avait été gentil avec lui et il ne voyait pas pourquoi ces arbres étaient vilains avec lui. Cette fois, il serait celui qui protégerait son ami... Ses pupilles rétrécies menaçaient les bois qui fonçaient vers eux.

- Ceci est mon dernier avertissement, laissez-nous tranquille ou vous le paierez cher...

Pour toute réponse à sa menace, il ne reçu lui aussi que des rires. Il avait au moins essayé. S'avançant alors vers leurs poursuivants, il commença à être entouré par une douce aura dorée. Puis sa forme devint plus lumineuse, impossible à regarder directement sans brûler les rétines. Et là où se trouvait plus tôt un rachitique elfe, on pouvait voir un petit dragon doré, de la taille d'un grand cheval, dont les naseaux fulminaient de colère. La voix similaire à l'elfe mais en plus éthérée s'éleva alors.

- Vous avez eu tord de vous moquer de mon copain ! Je ne tolérerai pas que le moindre mal lui soit fait !

Et pour toute sanction, ils eurent le droit à être engloutis par les flammes divines du petit lézard écailleux. Il avait peur. Terriblement peur. Mais il était aussi en colère contre cette flagrante injustice. Tournant son regard doré vers les autres arbres, il écarquilla plusieurs fois ses naseaux fumants pour toute menace. Le moindre geste et il y aurait un grand feu de joie. Ce faisant, il tourna sa majestueuse tête vers Dragos, la penchant vers le bas, tel un chien qui avait fait une bêtise et qui allait être puni par son maître.

- Je suis désolé si je t'ai fais peur Dragos... Mais c'était le seul moyen pour être sur qu'ils ne te fassent pas de mal... Je voulais te protéger.

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Mihnea
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MessageSujet: Re: La reine et les 9 princes [pv Vergil] Mer 26 Aoû - 21:20:55

- MAIS QU'EST-CE QUE TU FAIS ??!

Avait hurlé Mihnea alors que l'elfe s'arrêtait. Il allait le tirer de force avec lui, lorsque soudain, ce dernier se mit à briller d'un étrange éclat doré. L'enfant se recula, incrédule. Peu impressionnés, les arbres s’esclaffèrent de plus belle. Sur le côté, une branche referma ses griffes sur la cheville de Mihnea, et le tira d'un coup. Il cria, soulevé en hauteur vers un arbre qui ouvrait une grande bouche. L'enfant se retint de crier "lâche-moi". La plante prenait son temps pour l'élever doucement au dessus de sa bouche, mais lorsqu'elle le lâcherait, ce serait pour l'engloutir. Mihnea, tête en bas, se débattit comme un beau diable pour tenter de libérer sa cheville. Lorsque tout à coup l'arbre se figea, l'enfant suivit son regard et tourna tant bien que mal la tête en direction de Vergil.

Le gamin pleurnicheur avait fait place à un dragon d'or crachant le feu. Les arbres incendiés poussèrent des cris stridents, agitant leurs branches et s'enfuyant de toutes parts. Vergil se tourna alors vers Mihnea. L'arbre qui retenait ce dernier le lâcha, pétrifié. L'enfant retomba lourdement au sol et courut hors de portée des plantes sitôt qu'il se releva. Il s'arrêta devant le dragon, et le contempla avec stupeur tandis qu'autour d'eux, des troncs glissaient à toute allure sur leurs racines en criant, le feu dansant sur leur écorce. Il tendit la main et la posa sur le museau du dragon. Un grand sourire amusé illumina son visage. Il ne put s'empêcher de penser à l'un des tableaux de sa famille, représentant Dragos dans la même position. Soudain renfrogné, il demanda :

- Tu n'es pas un envoyé de Dieu, n'est-ce pas ?

Le ton était presque agressif. La légende affirmait que c'était Dieu qui avait envoyé le dragon d'or secourir Dragos; c'était pour cela, que le dragon était le symbole des Dracula. Mihnea, en dépit de ses origines, abhorrait la religion chrétienne. Que Dieu le laisse se débrouiller, il n'avait pas besoin de son aide et préférait encore finir englouti dans le tronc d'un arbre carnivore que de se laisser accompagner par une créature envoyée des cieux. Vergil n'eut pas le temps de répondre à Mihnea. La terre, jusqu'alors secouée de tremblements que propageait la course effrénée des arbres brûlés, sursauta si fort que Mihnea en perdit l'équilibre. Tous les arbres, y compris ceux qui n'avaient pas été touchés par le jet de flammes, hurlèrent en choeur. Un grognement sourd émanait de la terre, qui se mouvait sous leurs pieds. Le chemin disparaissait, happé sous terre. Mihnea vit la ligne droite du chemin s'écrouler au loin et le néant filer vers eux. Il se releva précipitamment et la terre céda à ce moment.

L'enfant ne chuta pas longtemps. En deux secondes, il se retrouva ventre à terre. La terre s'était relevée de sa chute pour reformer le chemin, nonobstant l'enfant. Il était enfermé dans un sous-terrain aux passages très étroits où il pouvait tout juste s'avancer droit. Mihnea leva la tête pour estimer ses chances de remonter. La terre n'était pas bien haut au-dessus de lui, il serait peut-être capable de l'atteindre avec l'aide du dragon, même si celui-ci manquait d'espace pour déployer ses ailes. Une courte échelle, tout simplement, devrait faire l'affaire...

- Inutile.

Soupira une voix douce et lasse. Une grande silhouette vêtue d'un long manteau élégant se dressait au bout du passage.

- Je contrôle ces terres. Vous pouvez me croire, quand je vous dis qu'elles sont impénétrables. Vous ne sortirez pas ainsi. En fait, il n'est probablement pas dans les plans de sa majesté que vous en sortiez tout court.

La silhouette s'approcha des enfants. Les parois de terre se tassaient sur son passage pour lui ouvrir un chemin large, et se reformaient derrière. A la lumière de la sphère, son beau visage androgyne se dessina. L'elfe était richement paré, mais ses vêtements tombaient en lambeaux. De même, sa beauté était flétrie par la mort. Sa peau était aussi blanche que la neige, ses yeux cernés d'ombres bleuâtres, et au niveau de la poitrine, des veines déchirées pendaient d'un trou béant, où le coeur n'était plus. Mihnea se tourna légèrement, de façon à ce que le dragon puisse cracher du feu sur l'elfe mort si ce dernier attaquait. De nouveau, l'elfe parut lire dans ses pensées. Il eut un petit sourire méprisant, mais seules ses lèvres frémirent. Le regard, les traits paraissaient complètement figés. Il parlait lentement, le ton dédaigneux.

- Je n'ai pas envie de vous tuer, humain. Je le ferai s'il en est besoin, puisque ma reine me l'ordonne. Mais j'ose espérer que vous aurez la courtoisie de m'épargner le sale travail et de mourir en ces murs par vous-mêmes. Comme de grands garçons.

Sans plus de cérémonie, l'elfe traversa une entrée qui s'ouvrit sur sa droite, et y disparut. La terre reprit sa place pour recréer une paroi lisse et droite après son passage.
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Amethyst
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MessageSujet: Re: La reine et les 9 princes [pv Vergil] Jeu 27 Aoû - 0:46:29

Ouf ! Il s'en était fallu de peu avant que l'arbre n'engloutisse le garçonnet. Mais l’instinct de survie guidant ses pas, il préféra prendre ses racines à son cou et abandonner sa proie plutôt que de devenir celle du dragon mécontent. Ah ! Et qui est-ce qui rigolait maintenant ? Na !

Leurs assaillants faisant demi-tour, nos deux valeureux héros purent profiter de deux secondes de répit. Oui, deux ! Car voilà que les tréants disparaissaient pour laisser place à un nouveau danger. Le sol commença à bouger sous leurs pieds et tout se passa si vite. Amethyst ne comprit pas vraiment ce qui lui arrivait c'est pourquoi il n'eut pas le temps de déployer des immenses ailes pour s'envoler. Ils étaient prisonniers tous les deux sous terre.

Son apparence de dragon ne servant à rien dans un endroit aussi exigu, le voilà qui retrouvait ses traits elfiques lui facilitant de mouvement. C'est là qu'il l'aperçu. Enfin plutôt qu'il le remarqua une fois que ce dernier eu enfin prit la parole. Un enfant elfe les toisait de son regard mort. Ça aurait pu l'énerver mais le trou béant à la poitrine le ramena à son état catatonique initial. A croire qu'en perdant sa forme de dragon, il avait en même temps perdu tout courage.

Utilisant la technique ancestrale du koala, il s'agrippa de nouveau à l'humain tout en couinant de peur. Il rêvait ! C'est ça ! Il rêvait... Enfin plutôt cauchemardait compte tenu de l'ambiance dans laquelle il évoluait. Oui voilà ! Il faisait un mauvais rêve des suites de l'histoire traumatisante qu'on lui avait raconté ! Il allait se réveiller et son grand frère serait là pour le prendre dans ses bras et l'enlacer tendrement. Il ferma les yeux, expira et inspira trois fois avant de les rouvrir. Mais manque de chance, il était toujours dans ces tunnels lugubres.

Ne voulant pas regarder l'enfant mort dans les yeux, il préféra garder le regard au sol. La peine et la désillusion se lisaient sur son visage enfantin. Loin de tous ses repaires, loin de sa famille et seul, il ne savait pas quoi faire. Même ses actes de bravoures ne servaient à rien. A croire que le sort s’acharnait sur lui. Ils allaient mourir tous les deux, au fond de la terre. Seuls. Abandonnés.

Puis l'elfe disparu derrière une paroi qui se referma derrière lui. La tension accumulée jusque là éclata enfin et le voilà qui s'écroula au sol. Tremblant de peur. Que pouvaient-ils faire ? Osant enfin la tête vers l'autre prince, qui soit dit en passant devait le trouver terriblement pathétique de se laisser aussi facilement abattre, il lui fit part de ses doutes.

- Dragos... Qu'est-ce qu'on va faire ? Quoi que l'on tente, ça fini toujours pire... Il a raison... On va mourir ici...

Cette pensée lui glaça le sang et des larmes s'écrasèrent en cascade le long de ses joues rougies. Il est vrai que depuis leur arrivée dans cet étrange château, ils n'avaient vraiment pas eu le temps de pouvoir souffler. On s'acharnait sur lui et ses nerfs commençaient légèrement à craquer. Il ne savait pas s'il pourrait tenir très longtemps avant que la folie ne s'empare complètement de lui. Savoir que son corps allait pourrir ici, comme le petit elfe lui donna la nausée. Loin de ses amis. Loin de sa famille. Loin de son frère. Seul et dans les ténèbres...

Non! Il le refusait. Son chagrin se changea alors en colère. Ils allaient tous le payer. Ces vilaines personnes qui s'amusaient à leur faire du mal. Il allait aussi les faire pleurer. Leur donner des coups de pied set de poings et si on lui arrachait les membres il mordrait. Il s'en faisait la promesse. Se relevant sans mot dire, il regarda l'autre garçonnet et répondit à la question à laquelle il n'avait pas pu répondre plus tôt.

- Je ne suis l'envoyé d'aucune divinité humaine... Et le seul Dieu qui a ma loyauté est Dragon Le Tout Premier...

Il se choqua lui-même. Ses paroles étaient dures et dépourvues de toute hésitation. Plus de larmes ni de tremblements. Sa peur avait laissé place à un autre sentiment sur lequel il n'arrivait pas à mettre un nom. La seule chose à laquelle il était sur: ce n'était pas du courage, ce sentiment qui avait embrasé son cœur tout à l'heure. Non c'était autre chose... plus froid et plus sombre. Remarquant cela, il fit de grands yeux avant de s'excuser.

- Dé-Désolé Dragos! J'sais pas ce qu'il m'a prit!!! Je ne voulais pas être méchant...

Le mauvais sentiment était parti de lui, pouf envolé, mais il sentait encore ses griffes acérées sur son petit cœur. Cette expérience avait été désagréable et il espérait ne jamais y gouter de nouveau.

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La reine et les 9 princes [pv Vergil]

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